
On imagine souvent le traducteur comme une sorte de dictionnaire humain qui substitue chaque mot par son équivalent. La réalité est plus subtile, et bien plus intéressante. Derrière chaque traduction se cache une série de micro-décisions : certaines se prennent en quelques secondes, d'autres mobilisent des heures de recherche.
La traduction littérale traduit chaque mot par son équivalent direct, en respectant la structure de la phrase d'origine. C'est la plus intuitive des techniques.
Elle fonctionne là où la précision prime sur le style : textes juridiques, contrats, documents techniques. « It's raining cats and dogs », traduit mot à mot, donne « il pleut des chats et des chiens ». La phrase est correcte. Elle ne veut rien dire.
Le calque reproduit la structure d'une expression étrangère en remplaçant chaque élément par son équivalent. L'exemple le plus célèbre est « gratte-ciel », calque de l'américain « skyscraper » : un bâtiment qui gratte le ciel.
Le français abonde d'emprunts à l'anglais : « software », « brunch », « podcast », « burnout ». L'Académie française a beau pousser « baladodiffusion » pour remplacer « podcast », la bataille semble perdue d'avance.
L'emprunt garde le mot étranger tel quel (« podcast »). Le calque traduit chaque élément du mot ou de l'expression en respectant sa structure (« gratte-ciel » pour « skyscraper »).
Les outils automatiques reproduisent surtout la traduction littérale et certains calques appris. Ils peinent sur l'adaptation et l'équivalence, qui demandent de comprendre une intention et une culture. C'est là qu'intervient la relecture par un traducteur natif.
Le plus souvent l'équivalence ou l'adaptation, parfois la transcréation, qui réinvente le message pour préserver son impact. La traduction littérale est à proscrire sur ce type de contenu.